ZERBO Seydou Krol : Un Sélectionneur comblé !

Le tournoi international de Rezé avait prioritairement un contenu sportif pour chacune des équipes qui y ont participé. La sélection nationale U17 du Burkina Faso ne l’avait manifestement pas oublié au vu des performances impressionnantes qu’elle a produit. Un homme s’est particulièrement illustré durant le tournoi des burkinabés : Le sélectionneur national Zerbo Seydou krol. Ce dernier s’est démarqué de la discrétion de l’ensemble de la délégation par ses attitudes exubérantes, son autoritarisme affiché et sa passion exprimée sans complexe.

Surnommé « Saboteur » dans son pays, il a présenté vis-à-vis  de cette appellation un résultat bien différent pour le Burkina Faso. La qualité de la sélection présentée, le niveau de son coaching, la discipline de son groupe, la qualité du jeu produit par son équipe, la bonne gestion de son effectif, tous ces critères ont été positifs et ont surpris agréablement les professionnels du football présents en nombre à Rezé. S’il est électrique durant les matchs, c’est un esprit bien apaisé et un homme convivial que l’on aperçoit hors des terrains. Sauf si la discussion s’oriente football, sa passion reprend le dessus dans l’entretien. « Saboteur », du haut de ses 53 ans,  a été, à l’occasion de Rezé 2018, un super-ambassadeur pour les entraineurs de football d’Afrique et ceux du Burkina Faso.

Nous avons eu un entretien avec le sélectionneur à l’issue du tournoi et nous vous en livrons les principales lignes :

La vie de famille ? «  3 enfants que j’adore et dont je suis fier. Je crois qu’ils sont également fiers de moi. Mon épouse, comme beaucoup d’africaines, subit avec abnégation notre passion du football»

Votre avis sur Nantes ?  «  Première fois dans cette ville. Impressionnante de beauté »

Quel est le parcours du coach ?  « Ancien joueur avec  notamment une carrière dans l’équipe de football des force armées et au Réal de Bamako. Entraineur depuis une vingtaine d’année » ;

Quel est la situation du football Burkinabé ?  « Un football qui travaille bien pour combler son retard » ;

Et votre vision du football africain ? « En nette progression »

L’avènement du football féminin au Burkina Faso ?   « Cela fait quelques années que le phénomène a pris. Les progrès sont visibles. A l’image de certains pays africains comme le Nigeria ou l’Afrique du Sud, notre football féminin pourra rivaliser dans un futur proche avec les meilleures dans le monde » ;

Quel est la situation de l’encadrement technique au Burkina ?  « La Fédération nationale, au travers de la direction technique nationale, abat un gros boulot à l’initiative de Mr Ousmane Sanogo.  Les entraineurs ont désormais un statut officiel, des formations et diplômes sont imposés et assurés sur le modèle fixé par la Confédération africaine de football (CAF) »

Au vu de certaines dérives observées dans plusieurs africains ayant imposé ce système de diplômes, comme la « fonctionnarisation » aux dépens de « la vocation » des encadreurs, comment le Burkina entend se prémunir de ces excès ?   « Le système de formation, de délivrance ou de validation des diplômes, est très rigoureux au Burkina. Par ailleurs la formation est spécifique football, sans lien avec celle des professeurs de sports. De plus le cursus est accessible à tous, la formation renforçant et complétant les connaissances ; sans chercher à sanctionner. Nous sommes confiants dans le système »

Quel est le niveau du football jeune au Burkina aujourd’hui ?  « Sur le plan technique  nous accusons un retard. Nous cherchons à travailler cela. Nous sommes en milieu de tableau en Afrique sur ces aspects »

Revenons à la sélection U17 actuelle. Quelle ambiance ? « Très bonne ambiance. Je suis pleinement satisfait de l’esprit des enfants » ;

Sélectionneur des Etalons U17 depuis quand ?  « Depuis 2017 » ;

C’est votre choix ?  «  Oui et non. C’est la volonté de la fédération et mon option. Entrainer les jeunes est un plaisir. Les jeunes sont une longue expérience pour moi en termes d’encadrement car j’ai eu aussi à coacher des équipes de quartier » ;

Quels étaient les objectifs de cette participation à Rezé 2018 ?  « Nous sommes venus pour préparer les aspects défensifs de notre sélection en vue des éliminatoires de la coupe d’Afrique des Nations. Nous sommes contents du travail effectué et des résultats obtenus. Mon successeur continuera la partie secteur offensif » ;

Les Etalons U17 venus à Rezé ont impressionné. Pensez vous que cette génération bénéficiera des attentions de la fédération, et des encadreurs, nécessaires à son arrivée à maturité ?   « Évidemment. De plus le fait d’être engagée sur les campagnes internationales va consolider le groupe et les acteurs impliqués. Je suis confiant »

Sur Rezé2018, quel appréciation ?  « Très bon tournoi. Un excellent niveau des équipes rencontrées. Une bonne organisation. C’est une bonne chose d’être venu ici et nous aimerions avoir la possibilité de participer à plus de tournoi de ce type » ;

Vous avez marqué ce groupe de votre empreint, notamment vos qualités de meneur d’homme. Connaissez-vous celui qui prend la suite à votre retour au Burkina ?  « Non. J’espère qu’il ne changera pas tout dans un groupe qui vit ensemble depuis une année. Il nous manque des matchs amicaux pour parfaire le travail. Ce tournoi nous a donné une belle opportunité de jouer des matchs pour nous étalonner. Mon successeur sera directement confronté à une série de match de compétition. Pas de doute qu’il saura faire les ajustements utiles » ;

Vous quittez la sélection U17 à l’issue de ce tournoi pour prendre la direction des Etalons A’ en vue de la prochaine CHAN (Championnat d’Afrique des Nations exclusivement réservée aux joueurs évoluant sur le continent africain) ?  «  C’est un saut dans une catégorie dont les entrainements, le management et bien d’autres aspects vont différer. Le challenge est bien réel et passionnant. Heureusement mon expérience est également riche du coaching de plusieurs équipes seniors au Burkina Faso » ;

Coach, félicitation pour ce tournoi et pour votre promotion. Bonne chance pour la suite  : « Merci à Burkina Faso Sports »